Tomi Ungerer, le musée à Strasbourg
Pourquoi cet artiste m'interpelle-t-il tant ? Il y a des choses et des gens comme ça, qui vous poursuivent et que vous croisez au long de votre vie, jusqu'à ce que l'on cesse de résister et se dise qu'il y a une raison à cet acharnement du destin à vouloir vous les présenter. Tomi Ungerer est né en Alsace, il est donc facile d'expliquer les références fréquentes qui lui sont faites autour de nous. Néanmoins, il y a bien d'autres artistes alsaciens, et c'est toujours lui qui revient. Une expo à Europa Park ; une collection de particulier à la médiathèque voisine de Biesheim ; la présence de l'artiste en personnes dans les ruelles alsaciennes ; la remise de prix d'un concours de dessins dans les locaux de son musée...
Le musée, donc. Que j'avais envie de visiter depuis quelques années, sans jamais y parvenir, ratant une occasion après l'autre lors de nos passages à ou autour de Strasbourg en famille. Et finalement je l'ai enfin fait, hier. Seule, heureusement, car tout n'est pas destiné aux enfants. Il y avait bien une classe d'école qui commentait ses dessins au rez de chaussée, mais je doute que les élèves soient montés à l'étage voir les "femmes fatales", ni descendus au sous-sol pour découvrir les dessins à tendance érotique. Du 21 mars au 21 juin, l'exposition mise à l'honneur se centre donc sur les femmes. Toutes les femmes. Grandes, petites, minces, rondes, molles ou pointues. Il y en a pour tous les goûts. Pour être honnête, j'ai un peu fait une overdose d'exposition de féminité car une bonne partie des autres dessins de l'exposition permanente en décrit aussi. Il serait intriguant en revanche de croiser ce grand monsieur et de se savoir représenté par ses coups de crayons ou de pinceaux : serais-je transformée partiellement en animal ou en machine ? Rien de tel en tout cas pour prendre conscience de ses défauts (physiques).
Enfin, j'ai tout de même regretté l'absence d'une grande partie de son gigantesque travail, notamment la partie politique, écologiste, anti-raciste... J'en avais eu un bel aperçu à Biesheim et ce côté lucide et perçant de l'artiste me plaisait. Je ne l'ai pas retrouvé à son musée strasbourgeois.
Je garde tout de même une attirance certaine pour ce personnage impressionnant à la carrière internationale et dont la clarté de vision est admirable. Puis, ne l'oublions pas, Tomi Ungerer a donné vie à Emile, une pieuvre magnifique et héroïque dont l'album trône depuis longtemps déjà dans notre bibliothèque !
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