Voyages en Tunisie : 2005 - 2007
Deux voyages en Tunisie m'ont permis de découvrir d'abord le Nord du pays en mai 2005 (Tunis, Carthage, Sidi Bou Said) puis le Sud en juillet 2007 (Sousse, EL Jem, Sfax, Matmata, Douz, Tozeur, Tamerza, Kairouan).
Si le pays devient fascinant lorsque l'on quitte les "sentiers battus", trop de pistes sont cependant balisées d'attrapes-touriste, gâchant toute authenticité pouvant éventuellement y être appréciée et décourageant toute personne cherchant sérieusement à rencontrer une culture tunisienne véritable.
La Tunisie me laisse donc une impression plutôt frustrante, mais reste l'un des meilleurs compromis pour ceux qui cherchent une destination pas chère et au chaud... (et qui ne craignent pas les retards des avions)
1er Voyage dans le Nord
Par rapport aux autres pays nord-africains que j'ai visité (Maroc, Egypte), la Tunisie a une sacrée avance côté civilisation à l'européenne. On n'a quasiment pas vu de femmes voilées par exemple, ni de mendiants ou trop pauvres dans les rues... Tunis est une ville plutôt propre et très soignée côté paysager, avec des bâtiments modernes, des magasins et des enseignes publicitaires partout comme chez nous. Evidemment, je garde une certaine réserve dans mes propos parce que je n'ai été sur la côté, dans la capitale et le village de Sidi Bou Said et que les conditions ne sont certainements pas les mêmes dans le Sud et l'arrière pays (comme en France et partout d'ailleurs, les traditions, mentalités et la pauvreté varient sacrément d'un coin à l'autre).
Du côté du club où j'étais logée, rien à redire côté prestations, il y avait tout ce qu'il faut et même plus et j'ai eu la chance de tomber la dernière semaine avant le début de la saison et j'ai juste eu un aperçu de ce que donne ce genre de clubs une fois plein (1200 personnes) avec des ruées sur les buffets etc. Heureusement pour nous, la semaine dernière était calme avec env. 400 clients répartis entre plage, piscine, sorties et activités, nous avions quasiment les lieux pour nous. Là encore, j'ai senti une différence dans le personnel par rapport aux pays cités plus haut. En effet, les tunisiens étaient très accueillants et sympatiques, mais... à peine plus que chez nous, cad que l'on sent déjà la mentalité de l'employé qui est là pour faire son travail pour avoir son salaire mais qui attend de rentrer chez lui et n'en fais pas plus que ce que l'on lui demande. Difficile à décrire, mais dans les autres pays, sans doute plus pauvres, l'on se sent vraiment acceuillis, les gens sont franchement contents de travailler et de nous voir venir pour ramener de l'argent et c'est plus agréable C'était la petite paranthèse pour placer mon avis sur le pourquoi les touristes ont commencé à déserter la France pour aller voir ailleurs (ben oui, quand les serveurs vous tournent autour en regardant leur montre dès 21h, on n'a pas envie de revenir).
Lundi, il y a eu quelques nuages, mais autrement du très beau temps toute la semaine... Qu'il est bon de se lever tous les matins avec un ciel tout bleu !! ça change la vie. Avec en plus des fleurs partout et des oiseaux qui chantent, sans parler du petit vent marrin pour rafraîchir tout ça... c'est presque trop beau pour être vrai. Puis la mer était très bonne en fin de semaine et il n'y a rien de tel que de bouquiner sur un matelas pneumatique en écoutant le bruit des vagues et en laissant son regard se perdre dans l'horizon bleuté infini entre les pages...
Comme prévu, un minimum de culture s'imposait tout de même puisque c'était mon premier séjour dans ce pays et j'ai donc visité le musée Bardo avec sa collection de mosaïques, Carthage (me fait penser à knossos en Crète... pas moyen d'être impressionné par des sites archéologiques après l'Egypte, la grandiose Egypte... peut-être que le Mexique serait à la hauteur ? -bon le guide n'était pas très locace non plus) et Sidi Bou Said, un village bleu et blanc à flanc de montagne, très paisible et très beau (très propre et fleuri et habité par un paquet de personnages éminents apparemment) puis un petit tour au Souk de Tunis pour se faire encore et toujours harceler concernant des babouches et autres djellabas (en ai acheté une pour ma princesse). Une fois qu'on est habitué à cette mentalité du marchandage continuel, on arrive à ne plus se sentir aggressé et les vendeurs sont en fait assez sympathiques et intéressants et ravis de raconter leur vie (tout en nous arnaquant évidemment ).
Nous avons aussi fait un grand tour en caravane de dromadaires, de trois bonnes heures avec un arrêt dans ce qui était sensé être un village berbere typique et était en fait une tente dans une cour en ville ( !! ), bon, on a bu le thé à la menthe et été déguisés en costumes traditionnels avant de revenir par le même trajet en bord de plage (ce qui plaisait bien aux dromadaire dont l'un s'est couché sans prévenir dans l'eau entraînant ses passagers très surpris), nous permettant de voir à quoi ressemblent les pages non entretenues par les hôtels (malheureusement, elles ressemblent à une énorme décharge et on se baigne un peu moins facilement dedans ensuite !). A 30 dinars (20€) par tête, la matinée était bien payée je trouve, enfin, la petite a bien aimé évidemment et après tout c'était sympa de naviguer sur cet animal du désert sous le soleil africain avec le vent dans les cheveux (et le bleu du ciel se refletant sur nos fessiers en rentrant).
Malheureusement, j'ai un exécrable souvenir de la fin du voyage : pour l'aller déjà, l'avion avait 4h de retard à l'aéroport et nous sommes arrivés sur place à 7h du matin lundi (merci pour le séjour dimanche-dimanche !!), mais le retour était encore pire avec 8h de retard !!! Cela fait franchement beaucoup, surtout avec un enfants et durant la nuit ! Au lieu de partir à 20h20, notre avion est parti à 4h30 et on est rentré chez nous ce matin à 8h30, donc pas la peine de penser à travailler pour ceux qui travaillaient le matin (ou l'après-midi d'ailleurs suite à la nuit blanche).
Donc, l'image globale de la Tunisie en a pas mal souffert, alors qu'elle était pourtant plutôt positive.
Conclusion : la Tunisie comme tous les pays a beaucoup a offrir et est dotée de pas mal d'avantages naturels côté climatique, les gens sont très sympas, mais côté organisation et propreté, il ne faut pas s'attendre à quoi que ce soit, donc y aller oui, mais en ayant en tête que ce sont des vacances, qu'on a le temps, qu'il ne sert à rien de s'énerver Je retiens le soleil, l'eau et une bonne cuisine (surprenant pour un club de cette taille).
Les photos ici : http://dejong.free.fr/tunisie_1.php
2ème Voyage dans le Sud
Devant une nouvelle fois allier chaleur et plage avec petit budget, nous avons choisi de retourner en Tunisie, mais plus au sud cette fois-ci. Notre choix de destination a donc porté sur Monastir avec un hôtel-club à quelques kilomètres de l'aéroport : près de Sousse. Nous avons réservé en ligne sur opodo après avoir vérifié que Kartago ne figurait pas parmi les compagnies éventuelles (une première expérience avec eux imposant 6 puis 8 heures d'attente à l'aéroport).
L'aller : Le jour du départ, nous nous sommes rendus à l'aéroport de Bâle-Mulhouse munis de notre convocation pour le vol vers Monastir et avons reçu... des billets pour Tunis ! L'aéroport n'a pu nous fournir aucune explication, pas plus que nous indiquer comment nous nous rendrions de Tunis à Monastir plus tard le soir-même. Fort heureusement, nous avons voyagé avec la compagnie Hello qui ne s'est pas contentée d'être ponctuelle, mais a aussi proposé un service mieux qu'espéré et un personnel de bord professionnel et souriant. Parmi les nombreux petits plus de cette excellente compagnie suisse : le repas des enfants spécialement préparé dans un petit sac à dos avec un cadeau et des bonbons : succès garanti !
Nous avons donc atterri à Tunis où personne ne nous attendait ni semblait savoir quoi faire de nous jusqu'à ce que nous rencontrions un couple dans la même situation que nous dont le nom figurait sur une liste vers un hôtel. Nous nous sommes donc joint à eux pour le transfert de 3 heures en minibus sur l'unique autoroute du pays avec quelques arrêts pour d'autres courses. Une nouvelle fois, la Tunisie, censée être une destination à quelques heures de chez nous s'est transformé en un trajet de plus de 7 heures. Arrivés à l'hôtel, le réceptionniste qui semblait souffrir d'une incapacité totale à sourire nous a demandé des papiers que nous n'avions pas et après nous avoir cherché en vain, nous a attribué une chambre à 23h40 en nous informant qu'il nous restait vingt minutes pour aller dîner dans le restaurant payant (alors que nous avions commandé et réglé une demi-pension). Trop fatigués du voyage pour avaler quoi que ce soit, nous sommes allés défaire nos valises pour nous endormir aussitôt dans une chambre toutefois spacieuse et sympathique malgré sa fidélité à la réputation tunisienne côté finitions et hygiène...
"L'accueil" La représentante sensée nous animer une réunion d'information ne s'est pas montrée le premier jour et le lendemain nous l'avons attendu plus d'une heure. Entre temps, nous avions pu nous rendre compte nous-mêmes des renseignements qu'elle nous a fournis sur le club, dont entre autre le fait que les transats autour de la piscine étaient payants ! Ayant en outre déjà fait le tour des quelques activités et n'étant pas du tout fans des animations, nous avons choisi de partir en excursion de deux jours pour découvrir le sud du pays. Un budget imprévu nous obligeant à payer une nuitée et deux jours de pension en double, mais l'unique façon de voir un peu de pays. La représentante nous a garanti un grand confort durant ces deux jours avec entre autre un bus climatisé très confortable...
Excursion : Le lendemain après un réveil à 5 heures du matin et plus de 7 heures de route sur des chemins pas toujours goudronnés et allant de la "route nationale" à des rues de village, traversant des milliers d'hectares d'oliveraies, nous sommes arrivés bien secoués à notre hôtel pour la nuit, situé à la limite du reg et de l'erg (déserts de roches et de sable). En chemin, nous avions visité le vaste Colisée d'El Jem, une maison troglodytique à Matmata (visite malheureusement gâchée par la présence simultanée d'un bus d'italiens et d'un autre bus de russes, tous parfaitement irrespectueux des locaux, se couchant dans les lits, fouillant dans les armoires, poussant et criant à tue-tête).
Nous avons cependant déjeuné dans un hôtel-restaurant troglodytique d'un excellent menu typique avec en entrée une brique à l'oeuf, suivi d'un couscous et se terminant par des makrouts. Et arrivés à l'erg, nous avons fait une ballade à dos de dromadaires pour admirer le coucher de soleil sur le sable... un sable fin qui s'est imprègné partout avec un vent qui soufflait doucement certes, mais suffisamment pour rendre respiration et vue pénibles (et l'on comprend d'autant mieux alors les descriptions de Frisson-Roche). Les éternels vendeurs nous attendaient à mi-chemin avec leurs souvenirs, boissons et autres services payants, dont le seul différant des centaines d'autres commerçants déjà rencontrés en chemin était la présence d'un petit fennec tenu en laisse. Les roses de sable se ramassaient un peu partout à même le sol et nous en avons ramenés un petit assortiment en souvenir à peu près gratuit (hormis le bakchich du chamelier).
2ème jour : Le départ du 2ème jour était fixé à 5 heures et le réveil une heure plus tôt. A 7 heures, alors que nous dormions comme nous le pouvions dans le bus, nous avons été réveillés pour aller fouler le sol salé du Chott, un lac plus où moins sec que le bus a traversé sur une longue ligne droite vers la ville de Tozeur. Ici, une calèche nous a balancés dans les ruelles vers une visite de l'oasis et de ses innombrables palmiers, dattiers, bananiers et autres arbres fruitiers. C'est ensuite au bord d'un 4x4, encore censé être luxueux, mais dont a climatisation était cassée et le chauffeur s'endormait à plusieurs reprises, mais évitant tout de même de heurter les méharis et autres véhicules du désert. Cette excursion nous a mené vers les restes du village de Tamerza, partiellement enseveli sous la boue séchée, mais dont la visite fut impossible parce que trop de touristes étaient sur place et que les sentiers étaient littéralement bouchés par la foule (souvent agressive de plus). L'arrêt suivant fut aux cascades certes surprenantes dans ce coin de désert et dans lesquelles il était prévu que nous nous baignions. Malheureusement il avait plu la veille (en plein désert) et les cascades étaient de boue et le site néanmoins encore une fois surpeuplé de touristes. Nous avons rejoint notre bus pour 4 heures de trajet et un court arrêt à Kairouan où nous n'avons pu qu'admirer l'extérieur de la mosquée par faute de temps puis poursuivre par deux nouvelles heures de route avant de retourner à notre club.
Retour à l'hôtel : Les derniers jours, nous avons profité de notre séjour balnéaire pour nager où lorsque trop de méduses nous en empêchaient, nous reposer en lectures. Un nouveau transfert en minibus vers Tunis a achevé de conclure le deuxième et certainement dernier voyage en Tunisie où l'authenticité est trop difficile à trouver et le personnel comme les vendeurs des diverses médinas ou sites touristiques à la limite de l'insolence et de l'agressivité et en tout cas loin des accueils chaleureux que l'on trouve dans d'autres pays.
Hello : Le retour avec Hello a un peu sauvé l'impression du séjour, même si leur excellence sur les vols ne fait pas oublier les mauvaises surprises une fois sur place. Nous avons aussi appris que l'on ne peut avoir confiance ni en son guide, son représentant ou le personnel de l'hôtel, chose qui nous importait beaucoup, car je précise que j'étais enceinte d'un peu plus de trois mois que si j'avais eu la vérité sur les conditions de transferts comme d'excursions, je ne serais jamais partie. Le transport le plus doux de tous fut la caravane de dromadaires que je recommande sincèrement et bien plus que les bus, minibus, calèches ou autres 4x4...
Les photos ici : http://dejong.free.fr/tunisie_2.php
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